Pleins feux sur Didier Drogba et nos travaux pour mettre l'école en valeur

8 février 2016

La foule est en liesse lorsque le jeune joueur de soccer vedette ivoirien marque un but...

Il célèbre son but et tape dans la main du joueur de grand renom ayant remporté deux fois le titre du joueur africain de l'année, Didier Drogba, ancienne vedette de l'équipe nationale de la Côte d'Ivoire et de clubs de haut niveau, notamment Marseille et Chelsea.

Mais, ce n'est pas la Finale de la Coupe d'Afrique des nations de football, jouée devant des milliers de spectateurs. Il s'agit d'une partie amicale sur un terrain poussiéreux dans un petit village en Côte d'Ivoire, le plus important pays producteur de cacao au monde.

Et puis, le buteur est un jeune garçon, qui joue aux côtés de son idole et compatriote. De quoi faire rêver.

En visite aujourd'hui dans ce village de la Côte d'Ivoire, Didier Drogba envoie un message percutant sur l'importance de l'éducation, de la durabilité et du sport dans tout le pays.

Ce message trouve un écho dans les salles de classe de l'école nouvellement construite, où il présente aux enfants enthousiastes un ballon spécial qui, explique-t-il, emmagasine l'énergie cinétique lorsqu'ils jouent au soccer.

Établir un lien entre le sport et l'éducation

«C'est un ballon magique, n'est-ce pas?», déclare-t-il, en démontrant comment, une fois chargé, ce ballon peut être utilisé pour alimenter une lampe. Le soir, les enfants peuvent s'en servir pour les aider à faire leurs devoirs.

L'éducation est un droit humain fondamental, qui est tenu pour acquis dans les pays développés. Mais en Côte d'Ivoire, comme de milliers de salles de classe ont été détruites durant les récents conflits civils, c'est un rêve pour un bon nombre d'enfants.

Mais les enfants rencontrés sont relativement privilégiés, puisque de nombreux autres n'ont d'autre choix que de travailler dans les plantations familiales. Même lorsque l'école locale existe, la pauvreté rurale est telle que certains parents préfèrent que leur progéniture travaille.

Selon un récent sondage de la Tulane University (en anglais uniquement) 1,2 million d'enfants travaillent actuellement dans la production du cacao en Côte d'Ivoire.

Ces enfants se voient refuser leur droit à l'éducation et n'ont pas suffisamment de temps libre ou d'énergie pour jouer au soccer, alors que les jeux sont pourtant essentiels à leur développement physique et mental.

Améliorer les conditions sociales

Didier Drogba a créé la fondation qui porte son nom pour aider les Ivoiriens vulnérables en matière d'éducation, et il s'est associé avec Nestlé pour favoriser la réalisation d'objectifs, qui sont appuyés par l'entreprise.

Darrell High, responsable du Plan Cacao Nestlé, explique que l'entreprise construira une nouvelle école primaire d'État au nom de la fondation de M. Drogba, dans sa région natale de Gagnoa.

Le partenariat souligne aussi l'annonce selon laquelle Kit Kat est maintenant la première marque de confiserie au monde fabriquée exclusivement avec du cacao durable, grâce au Plan Cacao Nestlé.

Le Plan aide les cultivateurs à rentabiliser leurs plantations et permet à l'entreprise d'obtenir un approvisionnement durable en cacao de bonne qualité pour ses produits. Mais avant tout, il améliore les conditions sociales dans les collectivités agricoles.

Nestlé adopte une attitude de tolérance zéro à l'égard du travail des enfants dans la chaîne d'approvisionnement, et a déjà construit 42 écoles publiques, avec des salles de classe prêtes à accueillir des milliers d'enfants et de jeunes, afin de tenter de remédier au problème.

Toutefois, les salles de classe à elles seules ne suffisent pas. Nestlé bâtit également des logements pour le personnel afin d'attirer de bons enseignants dans les collectivités rurales, incitant ainsi les parents à envoyer leurs enfants à l'école. L'entreprise a aussi prévu des toilettes séparées, essentielles pour attirer et retenir les élèves de sexe féminin, ainsi que des cantines pour servir des repas chauds.

Constuire des écoles, une démarche qui fonctionne

Nick Weatherill, directeur exécutif de l'International Cocoa Initiative, une organisation qui fait la promotion de la protection des enfants dans les collectivités vivant de la culture du cacao, insiste sur le fait que des écoles bien construites contribuent à la lutte contre le travail des enfants.

«S’il n’y a pas d'école dans une collectivité, il n'y a guère de solution de rechange pour les enfants. Comme les parents ne laisseront certainement pas leurs enfants à la maison à ne rien faire, la probabilité qu'ils travaillent dans la plantation est par conséquent plus élevée. Construire une école constitue donc une partie essentielle de la réponse.

«Si une école offre une éducation de haute qualité et qu'elle est gratuite, les cultivateurs de cacao souhaiteront sûrement y envoyer leurs enfants. Cela dit, les briques et le mortier ne suffisent pas.»

M. Weatherill prévient que si les cultivateurs n'ont pas les moyens d'embaucher des travailleurs adultes pour remplacer leurs enfants, ils seront réticents à envoyer ces derniers à l'école. C'est la raison pour laquelle il est également essentiel de s'attaquer au problème de la pauvreté rurale.

Encourager les enfants à fréquenter l'école

Nestlé s'attaque à la problématique au moyen d'un système de surveillance, unique dans l'industrie du cacao, qui fait appel à des agents de liaison dans les collectivités locales afin de repérer les enfants vulnérables qui travaillent ou qui pourraient être appelés à le faire.

Une fois ces enfants repérés, on les aide pour aller à l'école. Parfois, il leur manque simplement l'acte de naissance ou ils n'ont pas l'uniforme requis. Dans les situations les plus graves, leurs mères peuvent recevoir de l'aide afin de trouver de nouvelles sources de revenus pour couvrir les coûts associés à l'école.

«Nous ne prétendons pas avoir réglé le problème du recours au travail des enfants. Toutefois, en soutenant les cultivateurs de cacao en Côte d'Ivoire afin de nous assurer que les plantations de cacao sont rentables et durables, et avec des mesures précises visant à aider les enfants à fréquenter l'école et à exploiter leur potentiel, nous nous efforçons de changer les choses, indique M. High.»